Henri d’Artois, Comte de Chambord

Henri Charles Ferdinand Marie Dieudonné d’Artois, Duc de Bordeaux, nait le 29 septembre 1820 de Charles-Ferdinand d’Artois et de Caroline des Deux-Siciles. Petit-fils de Charles X, il est le dernier descendant direct de Louis XV. Surnommé « l’enfant du miracle » et connu sous le titre de « Duc de Bordeaux » puis  « Comte de Chambord », il reste dans les mémoires pour son projet politique et social élaboré sous le Second Empire et son refus de restaurer une Royauté reposant sur des principes hérités de la révolution.

Lorsque Charles X abdique, le 2 aout 1830, le Comte de Chambord se retrouve à 9 ans être le seul héritier légitime, son oncle le Duc d’Angoulême renonçant lui aussi à son trône et son père ayant été assassiné avant sa naissance. Henri d’Artois prend l’exil à Londres lorsque Louis-Philippe d’Orléans se fait élire Roi des français. Il y reçoit de nombreux partisans, et notamment Chateaubriand. En 1846, il s’installe près de Vienne au château de Frohsdorf et épouse l’archi-duchesse d’Autriche-Este Marie-Thérèse de Modène, princesse royale de Hongrie et de Bohême.

A partir de la révolution de 1848, les Orléans sont aussi contraints à l’exil et le prince Louis-Napoléon Bonaparte est élu. Toutefois, c’est une majorité monarchiste et partisane d’Henri V, Comte de Chambord qui sort des élections législatives de mai 1849. Le Prince-président entre alors en conflit avec les parlementaires et réalise le coup d’Etat du 2 décembre 1851.

Durant le Second Empire, le Comte de Chambord travaille à la réconciliation entre les légitimistes et les orléanistes, échange régulièrement avec ses soutiens en France et publie de nombreux manifestes pour faire connaître sa doctrine et son projet politique.

Le Comte de Chambord définira les principes qui devraient guider la restauration d’une monarchie chrétienne, parmi lesquels la nécessité d’une constitution écrite protégeant les libertés publiques et définissant les rouages d’un gouvernement responsable devant le roi. Souhaitant ainsi une monarchie qui réalise « l’alliance si désirée d’une autorité forte et d’une sage liberté », il préconise une décentralisation administrative et politique. Prenant aussi à cœur la question ouvrière, ses travaux inspireront la pensée catholique sociale.

 A la suite de la défaite de Sedan en 1870, les élections législatives aboutissent à une majorité à deux-tiers royaliste mais divisée. Cette assemblée élit Adolphe Thiers afin de permettre la restauration monarchique lorsque l’Allemagne cessera l’occupation de la France. L’assemblée abroge la loi d’exil qui pesait contre le Comte de Chambord et les Orléans acceptent de se rallier à lui à condition qu’il accepte de renoncer au drapeau blanc. Cependant, le prince Henri se refuse à accepter le drapeau tricolore et surtout les principes qui en découlent, car cela ferait de lui « le roi légitime de la révolution ».

En 1873, la restauration parait à nouveau possible mais suite aux pressions d’intrigues parlementaires, menées notamment par les principaux responsables du courant Orléaniste,  le Maréchal de Mac-Mahon refuse une entrevue avec le Comte de Chambord et fait finalement adopter le septennat. La République qui était alors un régime transitoire, s’installe progressivement. Henri V rentre à Frohsdorf et y décède le 24 aout 1883.

Le monument au Comte de Chambord

Témoignant de la popularité de l’aîné des Bourbons dans la région, le monument au Comte de Chambord a été édifié en 1891 à Sainte Anne d’Auray en face de la Basilique.

Ce monument de plusieurs mètres de haut, est formé d’un haut piédestal sur lequel le Comte de Chambord, en tenue de sacre, est à genoux priant en direction de Sainte Anne. Sa posture et ses vêtements représentent le rôle qui devait être le sien, et la couronne des Bourbons posée à la droite du Comte de Chambord sur un coussin rappelle qu’il n’a pu malheureusement ni porter cette couronne ni la transmettre.

La statue principale est entourée de quatre autres statues sur les côtés du piédestal : Jeanne d’Arc sur le devant, sainte Geneviève à l’arrière, le chevalier Bayard à gauche et le connétable Bertrand du Guesclin à droite.

Le monument historique se trouve dans un jardin clos appartenant à l’association Saint Henri qui se charge de l’entretenir.

Ce monument, le plus important au monde dédié au Comte de Chambord, a été construit à Sainte Anne d’Auray du fait du très fort attachement des Bretons de toutes conditions sociales à sa personne et à ses idées.

Durant la seconde moitié du XIXème Siècle, des manifestations régulières pour le retour des Bourbons sur le trône rassemblent d’importantes foules à Sainte Anne d’Auray. Des messes sont célébrées à la basilique et un pèlerinage a lieu chaque année le 29 septembre, anniversaire de la naissance du Comte de Chambord et fête de la Saint Michel.

Mais la mort d’Henri V créée un essoufflement des manifestations royalistes. Pour relancer le pèlerinage, une souscription est lancée afin d’acquérir un terrain et de construire une statue dédiée au Comte de Chambord. Le Général Athanase de Charette crée le 20 février 1889 la « société de Saint Henri » afin de permettre l’érection et l’entretien de ce monument.

Après un premier projet de l’architecte Lequeux qui ne séduit pas, le comité choisit l’architecte Édouard Deperthes qui a bâti la basilique de Sainte Anne d’Auray vingt ans plus tôt. Il dessine le monument actuel, exécuté à partir de 1891, tandis que les cinq statues de fonte sont réalisées par Alfred Caravanniez pour 70 000 francs, une somme considérable pour un monument privé.

Un mur et une grille sont installés en 1897, mais le jardin initialement prévu est ajourné faute de financement suffisant. En 2012, le monument est rénové, son mur de clôture entièrement restauré et le jardin finalement réalisé.